« Tu sais pourquoi je suis riche ? »

Le jeune homme s’y attendait. Il allait se faire expliquer la morale une fois de plus… Il venait de se faire serrer quelques heures plus tôt, après avoir cambriolé cette luxueuse villa et emporté quelques objets de grande valeur. Et comme la chance était rarement de son côté, il n’avait pas fallu longtemps à la police, pour retrouver sa camionnette identifiée sur une vidéo de surveillance que le jeune homme avait loupé.

C’est ça le danger, avec les caméras de surveillance, il faut toujours bien vérifier si on les a toutes « neutralisées »… Ce qui n’est pas toujours facile dans le feu de l’action.

Perdu dans ses pensées, le jeune homme savait qu’en s’étant fait attraper en train de récidiver, il n’aurait droit à aucun sursis cette fois. La prison s’annonçait bel et bien… Mais que diable voulait donc ce gars ?

Le voleur commençait à avoir sérieusement l’habitude des interrogatoires musclés avec la police, mais là, c’était une première. Le propriétaire de la maison avait insisté pour avoir un face à face avec son cambrioleur et avait obtenu gain de cause. Probablement un mec en manque de sensations fortes souhaitant se confronter à la « racaille »…

Ils sont toujours compliqués ces bourgeois. Celui-ci veut sans doute se donner bonne conscience avant de porter plainte.

Allez savoir…

Mais maintenant qu’ils étaient seuls, face à face, dans cette petite pièce perdue dans un des nombreux couloirs du commissariat. Qui sait ce que ce papi allait bien pouvoir lui chanter, rassuré par le fait qu’il était menotté ? Qu’est-ce que ce connard qui avait probablement passé toute sa vie dans le luxe s’imaginait pouvoir lui raconter ?

« Bon, j’ai l’impression que tu n’as pas tellement envie de bavarder avec moi, alors je vais le faire tout seul. » Continua le vieil homme, face au silence du cambrioleur.

« Et j’imagine que le fait de me priver de quelque chose n’a pas tant d’importance pour toi… »

« Ni que tu culpabilises à propos du dommage que tu m’as causé, d’ailleurs ! »

Le silence du voleur créait une ambiance pesante dans la petite pièce d’interrogatoire…

« En fait, tu aurais raison parce que même si la police ne me rendait pas tout ce que tu m’as volé, je suis assez riche pour me le repayer rapidement. »

Là, ça devenait carrément grotesque, pensa le jeune homme, un poil déstabilisé par tant d’arrogance. Mais pas assez pour lui faire exprimer autre chose qu’un petit sourire narquois.

« Alors, veux-tu savoir pourquoi je suis riche ? »

« Je vois. Mais alors, veux-tu savoir pourquoi toi, tu ne l’es pas ? »

Quel enfoiré ce type ! Comment peut-il pouvoir penser qu’il peut se permettre de juger toutes les difficultés qu’il a, depuis toujours, dans sa vie ? Qu’est-ce que ce vieux croûton peut bien savoir du fait de devoir renoncer à des études parce qu’on est issu d’une famille nombreuse ? De la difficulté de trouver un job, lorsqu’on est une personne de couleur ? Du calvaire de se sortir des quartiers pauvres ? De la misère d’essayer de fonder un foyer avec le salaire ridicule d’un poste d’équipier à mi-temps au Mac Do ?

Là, l’envie de réagir devenait soudainement pressante, mais le jeune voleur préféra tenir bon dans son mutisme. Mieux valait éviter des insultes dans son dossier…

« Écoute, bien mon garçon, parce que c’est peut-être la seule fois dans ta vie qu’on t’expliquera ça… Tu ne voles pas parce que tu es pauvre, mais tu es pauvre parce que tu voles. »

Continue, vieux débris. Tu m’intéresses…

« Lorsque tu me voles, tu te confortes dans ton identité de voleur. Tu te persuades un peu plus toi-même que tu es dans le manque, même si les objets volés sont d’une grande valeur et semblent pouvoir te sortir de ce manque quelque temps. »

« Tout comme un fumeur doit se persuader lui-même qu’il est non-fumeur pour arrêter de fumer, ce qui est impossible s’il continue à fumer, tu ne pourras pas manquer de rien, tant que tu seras persuadé du contraire. »

« Tant que tu n’auras pas, tu ne pourras pas penser le contraire. Et comme c’est ce que tu penses qui dirige ta vie, tu continueras à te comporter en voleur, sans jamais pouvoir être un jour riche, parce qu’on ne le devient pas par hasard. »

« Ainsi, quand tu me voles, tu ne fais pas que me punir moi, en semant le manque dans mon esprit, mais surtout, tu te punis toi, en renforçant le manque dans le tien ! »

« Alors, comment t’as fait, toi, pour être riche ? » Lança, contre toute attente, le jeune délinquant au vieil homme, après une petite minute de réflexion.

« C’est simple : je ne suis pas riche grâce à ce que je fais, mais parce que je le sais… »

Ce texte est un extrait de mon livre : Tout le monde devrait pouvoir réaliser un miracle :

Stéphane Lamur  

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