” Merci Jimmy pour cet interview.

Mais c’est qu’elle était plutôt bien gaulée, la nana… Il avait beau essayer de se souvenir, il n’arrivait pas à savoir s’il avait déjà réussi à chopper une fille comme celle-là. Journaliste, bien foutue, rousse, très classe et surtout, le petit détail qui le faisait craquer : elle portait des lunettes.

Pourtant, depuis vingt cinq ans, il avait eu très souvent l’occasion de profiter de son statut de rockstar en se faisant des groupies. Mais avec une fille comme cette journaliste, il se disait que c’était peut-être l’occasion de voir un peu plus loin qu’une simple partie de jambe en l’air… Parce qu’on a beau dire, mais même les célébrités les plus déjantées comme lui, ont aussi, un jour, besoin de se caser avec quelqu’un. Et tant qu’à faire, pourquoi ne pas essayer avec une fille qui a déjà l’habitude de passer à la télé ? Et comme celle-ci était franchement canon…

” Tu la connais celle-là, Bob ?

À peine eut-il fermé la porte de la chambre d’hôtel dans lequel il venait de se faire interviewer, il essaya d’en savoir plus sur cette fille en s’adressant, comme toujours, à l’homme qui avait l’habitude de régler tous les détails de sa vie de star : son agent.

Qui ça ? La journaliste ? Pas personnellement…

Elle présente une émission de musique sur une chaîne du câble et je sais qu’avant, elle était miss météo pour une grosse chaîne… Mais je me souviens plus laquelle.

Pourquoi, tu veux que j’essaie de te la rencarder ?

Jimmy réfléchit un instant.

Non, fais-lui simplement envoyer des fleurs de ma part. Avec un mot sympa… Je te laisse trouver.

Après s’être servi un verre dans le bar de cette chambre d’hôtel sympa, le rockeur s’assit pour se perdre dans ses pensées. Ça lui faisait quarante cinq ans maintenant, et il n’était plus le jeune taré suicidaire de ses débuts. Ni une rockstar de toute première fraîcheur, d’ailleurs…

Bon, bien sûr, il n’y avait aucune raison de remettre en cause ses talents, même si son dernier album avait clairement moins bien marché… Mais il était incontestable qu’il avait besoin maintenant de changer quelque chose dans sa vie. Quitte à se poser une année ou deux. Même les Stones se sont assagis.

Parce que même s’il s’était bien gardé de l’avouer jusqu’à présent, Jimmy s’était depuis quelque temps, rendu compte qu’il avait besoin de normalité. En fait, ça serait vraiment pas mal de se fixer, en construisant une famille, avec une nana cool et un ou deux marmots… Après, il était conscient que ça faisait un peu kitsch pour un gars comme lui, qui avait passé la majorité de sa carrière à brailler “Fuck the Power ! “.

Mais d’un autre coté, ça faisait déjà un bon moment qu’il s’était aperçu qu’il jalousait son stupide de frère, qui malgré une morne carrière de comptable, vivait le bonheur parfait avec ses gosses.

Un gosse. Ça c’était cool !

Un mini-lui qui ne le trahirait jamais et qui l’aimerait en tant que père, non en tant que chanteur. Et avec toutes ces pouffes qu’il s’était tapées depuis tant d’années, c’était quand même fou qu’il n’y en ai pas une pour lui avoir pondu un marmot…

On a rendez-vous chez l’avocat tout à l’heure. Et après, on va manger chez Jim. ”

Bob avait le chic pour le sortir de ses pensées, toujours au bon moment…

Jim ? Quel Jim ?

Bein, le même Jim que d’habitude, le patron de ton label ! Il y aura Marc aussi. Et sa femme. Et puis Will…

Voilà. C’était exactement ça. Toutes ses soirées tournent toujours autour du rock et qu’il soit obligé de les passer avec son producteur et son batteur, c’était ça qui commençait à le gonflait au fond.

Là, Jimmy se dit qu’il aurait bien échangé, d’un coup de baguette magique, un dîner avec tous ces connards contre un avec des gosses à lui. C’est fou quand même : être un des mecs les plus connus et les plus puissants de la planète, et pas arriver à avoir des choses aussi simples que ça !

Ah, et puis, il y a encore ce fan. Celui qui te harcèle.

Le même que la dernière fois... ”

Encore un de ces fans complètement barrés, qui essaient sans cesse de venir t’emmerder. Ils n’ont rien d’autre à faire, sérieux ?

Ok, Jimmy savait qu’il faisait son métier pour avoir la reconnaissance des fans, mais franchement, il y avait de quoi en avoir marre, à force.

Les mecs, ils te harcèlent et te suivent partout, c’est à te rendre dingue. ” Pensa-t-il presque à voix haute…

Qu’est-ce qu’il veut ? Tu lui as demandé ?

Probablement comme tous les autres : faire une photo, avoir un autographe, te raconter sa vie ou te montrer ses talents de zicos... ”

C’était devenu totalement insupportable pour Jimmy. Il n’arrivait plus du tout à les sentir, ces cons de fans, toujours à l’affût, te suivant partout dans leurs folies.

Vire-le et essaie de lui faire assez peur pour qu’il ne revienne plus m’emmerder… Ou sinon, dis-lui qu’on va porter plainte.

Comme toujours, Bob s’exécuta sans contester, le laissant seul dans cette immense et luxueuse chambre d’hôtel.

* * *

Encore une fois, le jeune homme avait réussi à savoir où le rockeur Jimmy Thunderstruck se cachait…

Depuis quelque mois, il essayait de l’approcher pour lui parler. En vain. La rockstar semblait être décidée à tout mettre en oeuvre pour rester à distance des gens qui souhaitaient le rencontrer. L’agent d’accueil de ce palace, en face de lui, décrocha le téléphone qui venait de sonner, écouta un message et raccrocha pour parler au jeune homme.

Monsieur Thunderstruck me fait savoir qu’il n’est pas disponible en ce moment. Et il vous conseille d’ailleurs d’arrêter de le harceler afin qu’il ne porte pas plainte contre vous. Il me fait dire qu’il insiste sur ce point…

Ce n’était pas encore les larmes qui montaient pour le jeune homme, mais pas loin. C’était du dépit. Beaucoup de dépit.

Je vais donc vous demander de quitter notre établissement rapidement Monsieur.

Sur ces paroles, l’agent fit un signe de la tête à un colosse en costume, près de la porte. La sécurité sans doute… Le jeune homme n’insista donc pas et quitta l’hôtel avec regrets.

Triste était le mot.

Il était triste, car il savait qu’il serait maintenant de plus en plus compliqué de rencontrer cet homme pour lui dire ce qu’il avait à lui dire. Mais il ne se découragerait pas. Car, d’une façon ou d’une autre, il faudrait qu’il le sache.

Et qu’il l’accepte : Jimmy Thunderstruck était son père.

Ce texte est un extrait de mon livre : Tout le monde devrait pouvoir réaliser un miracle :

Stéphane Lamur  

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