Un navigateur change-t-il de cap chaque fois qu’il rencontre une vague dans l’océan ?

Un pilote d’avion choisit-il une nouvelle destination à chaque nuage ?

Un conducteur suit-il du regard les allers-retours de ses essuie-glaces ou reste-t-il fixé sur la route ?

De la même façon, devrions-nous nous laisser sans cesse perturber et suivre chacune de nos pensées ?

Dans un restaurant dans lequel je travaillais il y a quelques années, un de mes collègues était très bon, sauf lorsqu’il apercevait la voiture du patron se garer sur le parking.
Il avait pourtant une très bonne capacité à travailler sous la forte pression des services qu’exige ce métier, mais il perdait tous ses moyens dès que son employeur arrivait. Il partait en courant dans les réserves pour tout revérifier, haussait le ton avec les employés, etc…
Il m’a fallu du temps pour lui faire comprendre que même si le patron était très exigeant, sa priorité n’en restait pas moins le client. Et que puisqu’il était toujours à la hauteur, il n’avait aucune raison de paniquer.

Ceci n’est qu’un exemple, mais bien révélateur de la façon de fonctionner de beaucoup d’entre-nous. Ici, le patron représente la menace qui vient bien souvent, sous des formes différentes pour chacun de nous, mettre l’agitation dans un sentiment de calme.
Pour d’autres, c’est une facture salée, un gars menaçant, une rupture amoureuse, un coup de klaxon, etc…

Sans arrêt, des pensées viennent perturber notre calme intérieur et y arrivent presque toujours.

Mais il n’a jamais été question de se laisser impliquer dans le jeu du mental.

Il te suffit de rester dans un rôle de “témoin intérieur”.

Reste dans la zone de paix et observe les orages au-dehors.

Ça va être difficile encore un moment, parce que tu as toujours fonctionné en réponse à la dernière pensée de doute, de crainte ou de projection.

L’apprenti conducteur de voiture reste généralement longtemps crispé sur la bonne utilisation de ses pieds sur l’embrayage et la coordination des mains et du regard. Jusqu’à ce que ça vienne tout seul…

Il peut être longtemps perturbé par l’agitation des essuie-glaces sur son pare-brise, mais au bout d’un moment, il arrive toujours à se décrisper et voir au-delà du ballet incessant des balais.

Reste calme. Observe.

Reste en relation, mais ne soit plus un des éléments du rêve. Deviens l’élément central du rêve : le rêveur lui-même.

Cesse de te préoccuper de l’avenir et de regretter le passé.

L’éveil, c’est vraiment ça : se détacher du rêve.

Ne te laisse plus perturber par les mirages à chaque coin de la route.

Ne te laisse plus embarquer dans le piège de la colère, dont tu sais pourtant depuis toujours, qu’il est totalement étranger. Puisque tu dis que “ce n’est pas toi”.

Prends du recul.

Est-ce que le monde est perdu ou peut-il être sauvé ?

Peu importe, il n’est qu’un élément du rêve…

Réveille-toi le matin et essaie de garder en tête tout le long de la journée, la seule vérité à ton sujet :

TU ES PARFAIT TEL QUE TU ES ET TEL QUE TU DOIS ÊTRE, PARFAITEMENT À LA BONNE PLACE ET AU BON MOMENT.

Et accepte enfin la joie profonde et la paix qui se cachent derrière ces mots.

Puis relâche définitivement tout ce qui n’est pas de ça.

Attend de pied ferme le mental venir d’intimider : “Regarde ceci… , regarde ça…
Et réponds-lui fermement : “Non, aujourd’hui, c’est toi que je regarde.

Car rien d’irréel n’est.

Et rien de réel ne peut être menacé.

En ça réside la paix.

Stéphane Lamur    

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