As-tu vraiment besoin d’être si énervé ?

Tout ce que tu as à y gagner, c’est un peu plus de frustrations, de colère et de peurs.
Tes enfants, bons petits clones, seront aussi énervés que toi.
Et tous ensembles perdureront l’énervement pour contribuer à un monde toujours plus énervé…

Regarde au fond de toi et essaie de détecter le silence et la sérénité. Regarde au fond de toi et trouve cette petite étincelle de joie que rien ne peut éteindre.

Tu ne voudrais pas être autre que qui tu es.
Examine-toi et tu verras que ce que tu appelles tes qualités et tes imperfections sont aussi choisies et chères que le reste de ta panoplie d’objets inutiles.
Chaque fois que tu veux être quelqu’un d’autre, tu crées un costume de plus à porter chaque jour, alors que tu n’as pas besoin de t’encombrer davantage.
Si tu crois que tu as “plus”, tu souffriras tôt ou tard de la rectitude morale.
Si tu crois que tu as “moins”, tu succomberas à l’envie et ton esprit sera possédé par ce qui te manque.

Tu n’as pas à être autre que qui tu es.
Ce que tu nommes tes valeurs sont les valeurs des autres que tu as voulu posséder à ton tour.
Elles n’ont d’autre but que de te pousser à juger ceux qui ont choisi des valeurs différentes.
Mais ce que tu ne comprends pas, c’est que ces valeurs inventées font de toi le bon petit ouvrier travaillant chaque jour pour un monde toujours plus constipé.
Ce que tu ne veux pas voir c’est que quand tu juges, tu te juges toi aussi.
Et avec, toute la distance de ce qui te sépare de cet autre que tu voudrais être.

Mais tu n’as pas à être autre que qui tu es.
Tu peux savoir maintenant que c’est vrai, ou tu peux continuer ce fantasme à essayer d’obtenir ce qui te semblera toujours impossible à atteindre.
Mais ça ne changera rien au fait que tu n’as pas à être autre que ce que tu es.
Que tu veuilles le savoir ou non, c’est pourtant ici qu’est le seul chemin qui mène vers la paix.
Car si tu n’as pas à être autre que qui tu es, alors tu dois être parfait tel que tu es.
N’ayant pas plus de choses à changer en toi que le monde parfait qui est sous tes yeux et tout autour de toi.

Tu n’as pas à être autre que qui tu es.
Tu n’as plus à continuer ce délire consistant à te prendre pour le contremaître de Dieu et juger que son plan est pourri.
Tant que les choses ne seront pas parfaites telles qu’elles sont, tant que le monde ne sera pas parfait tel qu’il est, alors tu seras mentalement perdu dans un futur à changer.
Tu seras perdu à croire utile d’être autre que qui tu es.
Et tu continueras à gémir et à te plaindre de ce monde de merde.
Alors que tu l’as inventé.

Tu n’as pas à être autre que qui tu es.
Accepte ça.
Accepte le fait que la seule chose à changer, c’est la façon de te percevoir.
Accepte le fait que la seule chose à changer sur cette planète, c’est la façon de la percevoir.
L’animal ne se demande pas s’il est un mauvais ou bon animal. Il ne se demande pas s’il pourrait être un autre animal.
La rivière ne se demande pas si elle fait correctement son job…
Tant que tu n’arriveras pas à être autre que qui tu es, tu chercheras péniblement ce précieux sens de la vie qui hante tes nuits, sans jamais le trouver.

Tu n’as pas à être autre que qui tu es.
Ici est la promesse gardée intacte depuis la nuit des temps.
Ici est la porte où tu peux taper avec confiance et qui te sera ouverte.
Ici se cache le vrai pouvoir, qui t’est réservé depuis le jour de ta naissance, mais dont tu n’as jamais voulu.

Tu n’as pas à être autre que qui tu es.

Lâche prise

Rejoins les rangs de ceux qui savent et n’ont plus à chercher.
Pardonne-toi d’avoir été ce que tu croyais devoir être.
Et félicite-toi d’être malgré tout arrivé jusqu’à cet instant.
Celui du choix nouveau qui t’es offert.

Celui d’être qui tu es, exactement tel que tu es et parfaitement tel que tu dois être.

Stéphane Lamur    

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